Tout d’abords, quelle soirée!

 

Ce spectacle est venu me chercher jusqu’au plus profond de mes entrailles. Il a réveillé des précieux souvenirs d’adolescence me rappelant un retour de l’école à regarder l’émission télé VIDEO HITS avec Samantha Taylor à CBC que je suivais religieusement afin de voir les dernières nouveautés de la pop des années 80.

En arrivant dans la salle un peu d’avance, la billetterie nous annonçait peu de billets vendus. Tranquillement la salle s’est remplie, pleine à craquer d’un public qui connaissait par cœur tous les refrains des succès que ce groupe nous ont pointés direct au cœur!

Cette salle si intime nous a permis de fusionner avec les artistes de la formation quasi originale de leur tout début. Ces musiciens, hypers sympathiques, nous ont communiqué chaleureusement leur bonheur de jouer pour le public debout presque tout le long. La salle était équipée de bancs assignés ce qui fut dérangeant plus qu’autres choses. On sentait que les dames voulaient danser et que les hommes voulaient brasser!

La toute première pièce Say ya don’t know me  fut la moins connue de toute la soirée. Malgré son rythme entraînant et son refrain accrocheur, les gens la connaissait un peu moins. La preuve en était que tout le monde était demeuré assis. La transition entre cette pièce et la prochaine fut géniale. On a senti une montée d’intensité pour arriver à  New Girl Now . Boom! La fête commence! Un effet de vague d’avant vers l’arrière, le public était désormais debout jusqu’à la fin! Les musiciens avaient bien ficelé les transitions entre toutes les chansons nous maintenant en haleine après chaque pièce. Aucune chanson commençait simplement par le classique décompte 1, 2, 3, 4. Tous leurs succès y parurent. Tous! Ils n’en ont oublié aucun! La présentation des musiciens, quoique peu originale, montée sous forme d’un interlude, était efficace.

Beaucoup de problèmes techniques sont venus sournoisement intervenir. Les pédales d’effets de guitare étaient défectueuses lui étant gênantes pendant le premier tiers du spectacle. Le guitariste était souvent accroupi pour « gosser » sur ses fils. Mais, pour la plupart des gens dans la salle, rien ne semblait les déranger. Il gardait efficacement son sourire : The show must go on!

Où c’était un peu malaisant, c’est au niveau du chanteur. Il est incroyablement gaffeur! Il s’accrochait partout! Son fil de micro s’accrochait dans tout! Il faisait tomber les accessoires autour de lui. Jusque-là, on pouvait en sourire, mais il exprimait de façon assez transparente son impatience envers sa maladresse. On sentait cette impatience se transmettre vers le jeune technicien de scène qui venait souvent intervenir pour réparer ses bêtises.

Lorsque la quatrième chanson, l’incontournable Stay in the light, on a laissé place au public pour chanter l’irrésistible refrain suivant le battement du « bass drum » en tapant des mains. Dès cet instant, on a senti dès ce moment la fatigue s’installer auprès du chanteur. Ses paroles devenaient abrégées, accentuant les fins de vers. Il suait de tout son corps. Il a néanmoins réussi à terminer son spectacle. Le spectacle est bien ajusté en fonction de ses capacités de performer. Seulement 12 pièces étaient prévues sur le menu. Ce n’est pas énorme, mais les transitions et les présentations, petites improvisations entre les pièces permettaient au chanteur de reprendre son souffle. Il contrastait avec les autres qui semblaient plus en forme. Mais, on ne peut malheureusement pas arrêter le temps! Ces gars jouent de la musique depuis 1981!

 

Texte: Stéphane Tetreault