C’est du 6 au 8 septembre 2018 que le festival Envol et Macadam prenait vie pour la 23e fois dans le cœur de la Basse-Ville de Québec, en laissant place à une multitude d’artistes locaux et internationaux s’emparer du public assoiffé de musique. Pour l’événement, plusieurs partenaires ont participé à la mise en place de ces festivités annuelles, tels que l’Îlot Fleurie, l’Anti Bar et Spectacles, le Complexe Méduse, le Scanner, la boutique le Knock-Out, le Dagobert ainsi que la Place de l’Assemblée-Nationale,  en laissant les artistes performer sur leurs scènes respectives.

C’est la finale de Planetrox qui a donné le coup d’envoi le jeudi soir, dès 19h30. On pouvait y voir la formation Michigan, The Monks et Godendard. Pour débuter, la formation montréalaise Michigan a su mettre le feu aux planches de la scène de l’Anti avec son style rock très particulier. Le chanteur capte très facilement l’attention du public avec sa voix claire et ses mouvements de danses sortant de l’ordinaire. Je n’ai pas pu voir les autres groupes de la finale, car une grosse programmation m’attendait du côté du Complexe Méduse.

Effectivement, une brochette de groupes locaux fortement intéressante nous attendait du côté de la salle Multi : Mhedved, Boundaries et Get The Shot. Trois styles différents, mais très complémentaires. La formation Mhedved débute le bal avec une très belle énergie et assurance sur scène.

Ensuite, dès les premières notes de la pièce Lost Cause, que l’on peut retrouver sur l’album Quarter Life Crisis, Boundaries réchauffe la foule et donne un spectacle qui, selon moi, était parmi leurs meilleurs. Chacun des membres de la formation apporte une particularité au groupe et rend la performance solide et divertissante. D’ailleurs, le chanteur en a même profité pour se joindre à la foule pour chanter avec eux dans le « pit ». Ils ont terminé leur prestation avec la pièce Worth The Ride, du même album, avec les lumières allumées, ce qui était une très bonne idée et le public semble avoir apprécié. Pour ceux qui ne les connaissent pas, empressez-vous d’aller en écouter sur leur Bandcamp.

Maintenant, au tour de la formation hardcore Get The Shot. Premières choses que l’on remarque avant leur entrée sur scène : l’énorme bannière du groupe en arrière-plan et le système d’éclairage. Durant leur performance, ils ont su démontrer leur talent qui s’est développé au travers des années et de leurs nombreuses tournées. Le professionnalisme était au rendez-vous. Le chanteur, Jean-Philippe Lagacé s’est naturellement joint à la foule, comme à son habitude, en faisant du « bodysurfing » et parfois, en étant soutenu dans le vide lorsqu’il s’adressait à celle-ci avec ses discours engagés. D’un point de vue technique, l’éclairage et la fumée ont grandement contribué à rendre la salle du Complexe Méduse intime et accueillante.

Mon dernier spectacle se trouvait tout près du précédent, soit au Scanner. J’ai vu pour la toute première fois la formation Cold Folks. Ce groupe festif aux influences folk, country et même bluegrass, a su charmer le public présent dans la coquette salle de spectacle. J’ai particulièrement aimé leur originalité.

C’est avec un grand manque de sommeil que j’ai entamé la seconde journée des festivités. À 18h05, Les Trimpes de Québec, tant qu’à eux, semblaient prêts à tout donner. Les cinq rockeurs réussissent à faire chanter leurs paroles au public de l’Îlot Fleurie. Une contribution de Vincent Peake (Grimskunk, Groovy Aardvark) dans la chanson Donne du gaz a, en effet, donné du gaz à la prestation.

La formation suédoise No Fun At All vole le show en enchaînant un succès après l’autre. La foule participe grandement en créant un bon « slam » et on entend la bonne majorité de la foule chanter les paroles à tue-tête.

Par la suite, c’était au tour de Les Goules et de Bernard Adamus respectivement, de prendre place sur la scène sous le viaduc. Le son était beaucoup trop fort pour le spectacle d’Adamus, mais la performance était au point tant qu’à elle.

Après les têtes d’affiche, d’autres spectacles se déroulaient dans les salles avoisinantes. Nous avions le choix de se déplacer vers le Knock-Out pour voir les formations Oktoplut, Jet Black et Murphy Radio, au Scanner pour  Stifled, Barney Gombo, The Carringtons et One Last Daybreak ou encore à l’Anti Bar et Spectacles pour The Dizzy Brains, Peer Pressure, The Robert’s Creek Saloon et 2 Stone 2 Skank. Au départ, je suis allé du côté de la boutique pour aller voir Oktoplut. Toutefois, il y avait beaucoup de gens et considérant la grandeur de la place, il nous était impossible de voir quoi que ce soit. C’est donc du côté de l’Anti que la soirée s’est poursuivie avec Peer Pressure qui avait été relocalisé dans cette salle suite à la fermeture surprise d’une autre qui était hors du contrôle des employés d’Envol et Macadam.

Le marathon de trois jours ne s’est pas arrêté là. Il restait encore une panoplie de groupes dans la journée du samedi. Au menu : du punk, du métal, du hardcore, du rock et même de l’électro. Tout le monde peut donc y trouver son compte. Le festival d’Envol et Macadam est réputé pour sa diversité musicale et ce n’est pas par hasard qu’il fête ses 23 ans cette année. Deux groupes de Québec ont commencé la journée sur la scène de l’Ilôt Fleurie, un groupe australien et le second du Japon. Bref, nous avions le droit ici à un tour du monde. Obey the Brave livre une solide performance dès 18h30 en nous indiquant la direction de la soirée en cours. The Devil Wears Prada et August Burns Red ont, quant à eux, apporté leur touche métalcore mélodique pour ainsi laisser la place à Parkway Drive, tête d’affiche du festival. Les quinze chansons bien rodées ont évidemment comme effet d’enflammer la foule déjà en délire depuis le tout début de la soirée. Les australiens sont actuellement en tournée pour promouvoir leur 6 ème album : Reverence, qui a vu le jour en mai 2018. Les musiciens sont en feu et tout le monde semble apprécier le spectacle à sa juste valeur.

Évidemment les spectacles ont continué dans les salles jusqu’aux petites heures du matin, en laissant place aux festivaliers de se faire plaisir peu importe le style recherché.

Cette édition d’Envol et Macadam a encore eu l’effet escompté. Félicitation à toute l’équipe d’organisateurs, aux médias et aux groupes de musique de mettre autant de temps et d’amour dans leurs passions respectives pour ainsi permettre la création de tels évènements. Félicitations également aux festivaliers sans qui rien seraient possible si leur participation n’était pas aussi assidue.

Marc-Antoine