Mercredi soir passé au Grand Rire Comédie Club, pas six, mais bien sept invités faisaient partie intégrante de la soirée. Effectivement, Serge-Yvan Bourque, Vincent Richer, Martin Mallette, Reda Saoui, Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques, Linda Bouchard et Simon Delisle étaient à l’Impérial de Québec pour nous faire de courts numéros sortis tout droit de leur cru. Toujours à l’animation, Mathieu Cyr, ouvrait le bal pour la troisième semaine. La salle était sensiblement remplie comme la semaine dernière, mais pas autant qu’à l’ouverture du Grand Rire Comédie Club le 11 février dernier.

Mathieu Cyr casse la glace en nous racontant une histoire de gars saoul. Une anecdote qui en fait rire plusieurs, probablement parce qu’on se reconnaît énormément dans ce qu’il raconte. Avant d’annoncer le premier invité, il nous fait une jolie chanson sur la ville de Québec avec un contenu provenant de la foule du spectacle de la semaine dernière ainsi que des gens sur la page facebook du Grand Rire Comédie Club. Une composition impliquant les spectateurs qui crient Québec et quelques « la-la-la».

Le premier humoriste est connu davantage pour sa présence au Zoofest et au quart de finale de l’émission En route vers mon premier gala, en 2013. Serge-Yvan Bourque se décrit comme un monologuiste-humoriste. Le comique au discours un peu théâtral nous a affirmé que son but premier étant jeune était de taper sur les nerfs des gens, probablement par son grand enthousiasme, sa joie de vivre et son hyperactivité que j’ai pu en déduire. Serge-Yvan nous a raconté une longue péripétie de la fois où il est atterri à Baie-Comeau en avion alors qu’il devait se rendre à Rimouski pour un spectacle. Anecdote que j’ai trouvé personnellement un peu longue pour le nombre de gags impliqués. Toutefois, sa personnalité extravertie m’a captivé tout au long de son numéro.

Ensuite, l’homme présenté comme un sexe symbole, le gars qui allait faire virer toutes les têtes ce soir, Vincent Richer. Lors de son entrée sur scène, plusieurs rires se sont fait entendre. Vincent se faisant régulièrement comparer, en réalité, à Ratatouille, Sid le paresseux du film d’animation l’Ère de glace, jusqu’au martien dans le film Mars Attack. Son numéro d’humour, davantage basé sur son physique frêle ou ses ressemblances, est solide. Il aborde également ce dont il ne peut pas faire dans la vie, entre autres, par manque de crédibilité, tel que faire partie d’un gang de rue, aller se battre dans un ring de boxe, être danseur au 281 et compter des jokes sexuels. Bref, le jeune humoriste de la mi-vingtaine a des textes simples, mais efficaces et la foule réagit très bien à son numéro.

Pour clore le premier bloc d’humour avant l’entracte, Martin Mallette est entré sur la scène. L’humoriste est diplômé de l’École nationale de l’humour en 2008. Martin a un humour qui ressemble à Étienne Dano, gagnant d’En route vers mon premier gala en 2009. En réalité, c’est davantage au niveau de son texte final, lorsqu’il nous a chanté en version rap son texte rempli de rimes. Martin utilise de l’humour intelligent et d’observation dans son écriture en impliquant l’actualité dans certains de ses gags. Son numéro a été bien reçu par les gens présents dans la salle.

Au retour de l’Entracte de quinze minutes, Mathieu Cyr a invité un couple dans la salle pour tester leurs connaissances l’un vis-à-vis l’autre. Il a débuté par la femme en la questionnant, entre autres, sur l’endroit où ils se sont rencontrés, la musique qu’ils écoutent régulièrement ensemble, le signe astrologique de son conjoint, le pire cadeau qu’il lui a donné et l’endroit le plus bizarre où ils ont fait l’amour. Lorsque son copain a été questionné à ce niveau, les réponses se ressemblent peu, ce qui laisse place aux rires de la foule. Ce fut plutôt divertissant.

Le premier humoriste à venir nous présenter son numéro au retour de l’entracte est Reda Saoui. Il a participé à l’émission En route vers mon premier gala, cuvée 2013. L’homme d’origine algérienne, mais né à St-Eustache, a abordé plusieurs sujets sous un angle très intéressant. Effectivement, il nous a parlé des types de gifles existantes en faisant  référence à son éducation et nous a démontré son plaisir à remarquer la réaction des gens après en avoir reçu une en plein visage. Il a également abordé ne pas apprécier les gens qui lisent pour la simple et unique raison que souvent, ils veulent s’assurer que les autres sachent qu’ils lisent des livres pour se sentir intelligents. Aussi, il a abordé quelques distinctions de nature très humoristique entre les blancs et les noirs au niveau de l’organisation et de la gestion de la colère. Bref, un bel humour rempli de sarcasme et de bons « punch ».

Ensuite, au tour de Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques. Inévitablement, dès ses premières phrases, il nous parle de son prénom et de son nom qui se trouvent à être une réponse à une question à développement pour ses parents. Philippe-Audrey a d’abord étudié en arts/théâtre et il a joué quelques rôles à ce niveau. Il a eu un coup de cœur par la suite pour l’humour lorsqu’il a tenté ses premières expériences au Zoofest. Il s’est donc inscrit à l’École nationale de l’humour pour en sortir diplômé en 2014. L’amateur de poésie nous a parlé de sa passion, entre autres. J’ai eu un peu de difficulté à suivre son numéro et à accrocher aussi. Possiblement que le sujet me rejoint moins, mais j’ai trouvé cela un peu décousu à certains moments, ce qui a fait décrocher mon attention. Toutefois, Philippe-Audrey a une très belle présence et une aisance qui m’amène à croire qu’il pourrait faire un numéro plus solide éventuellement s’il travaille davantage son écriture pour la rendre plus humoristique.

Une ancienne étudiante de l’École nationale de l’humour qui a gradué en même temps que Mathieu Cyr, en 2007, est arrivée sur scène. Linda Bouchard, une jeune femme humoriste, que l’on peut avoir déjà vu auparavant dans son trio humoristique Les Nanas Coustiques. Son aisance et sa façon de raconter des choses rendent le tout particulièrement rafraîchissant. Linda se reconnaît comme étant une professionnelle en remède de grands-mères pour tout ce qui utile ou pas dans la vie. Elle nous fait part de plusieurs de ses petits trucs, qui peuvent parfois paraître étranges. À essayer ou non? Pour ce qui est du Tabasco dans l’œil, je suis très incertaine des vertus de ce processus. La foule à l’Impérial a eu une très belle réceptivité face au numéro de Linda. Je crois qu’en général, elle a été très appréciée. Un numéro très original.

Finalement, la cerise sur le sundae, le talentueux Simon Delisle. L’humoriste est de plus en plus connu actuellement dans le domaine, surtout depuis qu’il anime des soirées d’humour au Pub Brouhaha, mais également parce qu’il a fait plusieurs émissions d’humour de la relève dont, entre autres, les Soirées Juste pour rire, En route vers mon premier gala, Les mardis de l’humour et il écrit aussi pour d’autres humoristes, ce qui prouve la richesse de sa plume. Simon est habile dans ses numéros pour jouer avec des sujets parfois risqués comme l’autodérision. Aussi, il a une excellente rigueur dans son l’interprétation, un beau rythme au niveau des blagues, mais il nous a aussi démontré  son super talent en improvisation lorsqu’il a ramassé verbalement à quelques reprises un homme dans la salle qui dérangeait depuis un bon moment les derniers numéros des humoristes. Il a touché à des sujets tels que la grossesse, la couille universelle des hommes, les incitateurs pour l’entraînement, l’horloge biologique et les enfants. Tout son numéro a été fait avec brio. Il est solide autant dans l’écriture de ses gags que dans le résultat « rendu ». La foule a rit sans arrêt durant toute la durée de son numéro. Un humoriste définitivement à surveiller.

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