Hier avait lieu la première d’une série de soirées du Grand Rire Comédie Club à l’Impérial de Québec. La salle n’était pas complètement pleine, par contre, plusieurs personnes étaient présentes pour l’événement. Ayant comme porte-parole Mike Ward, le Grand Rire Comédie Club est animé, cette année, par l’humoriste Mathieu Cyr. Pour cette sixième édition, qui se déroulera à tous les mercredis du 11 février au 29 avril inclusivement, une panoplie d’humoristes de la relève seront présents pour nous livrer un de leurs meilleurs numéros. Soyez prêts à rire et à avoir du plaisir.

En cette soirée d’ouverture, la sélection d’humoristes a été plus que satisfaisante. Suite au  mot de bienvenue officiel, Mathieu Cyr s’est ensuite présenté sur scène armé de sa grande bonne humeur. L’humoriste que l’on voit beaucoup à la télévision et sur le web, nous a démontré la preuve de son savoir-faire humoristique. Après nous avoir confié son manque d’aisance avec la langue anglaise, il nous a bien fait rire lors de son interprétation d’un moment de film d’action anglophone mettant en scène un discours qui utilisait le mot « plot » dans des contextes douteux, sans savoir que ce terme était le mot complot en français. Par la suite, c’est armé de sa guitare qu’il nous a exécuté une chanson à répondre mettant en scène des vagues, des goélands, des pucelles frivoles, une certaine Mélanie et un cowboy du nom de Johny.

Didier Lambert était le premier invité sur scène. Didier, qui se compare lui-même à une aubergine, est un humoriste que l’on a pu voir à En route vers mon premier gala lors de l’édition 2014. Son humour qui va dans plusieurs directions a été bien reçu généralement par le public. De supers bons gags ont été lancés, dont celui où il aiderait un aveugle à se rendre à son auto. De l’humour parfois de deuxième niveau, bien envoyé. Mise à part les quelques excellentes blagues, son numéro m’a moins bien rejoint au niveau des textes.

Ensuite, Pierre-Bruno Rivard était le deuxième à faire son numéro. Ayant étudié à l’École Nationale de l’humour en 2008 et ayant participé lui aussi à En route vers mon premier gala, édition 2011, Pierre-Bruno est selon moi, un humoriste qui gagnera à être connu. Il a un côté très attachant dans sa manière d’être sur scène et il me fait penser parfois à Guillaume Wagner, non pas au niveau du texte, mais au niveau du style de « parler » employé. Il a une belle rythmie dans l’enchaînement de ses gags. Il touche à des sujets visités plus d’une fois, tels que les femmes, les enfants et la grossesse. Toutefois, ses blagues sont très bien amenées de façon à ce que la foule réagisse assez positivement. Sa première blague fût ma meilleure et m’a bien fait rire, soit celle en lien avec le froid hivernal et l’itinérant qui lui répète sans cesse dans la rue que ça fait 25 ans qu’il a froid et qu’il marche dans la rue. Sa réflexion : Ça ne te tentait pas de marcher vers le Sud?

Au tour de Neev, un humoriste connu davantage pour son émission à MaTV, Selon l’opinion publique. L’humoriste d’origine marocaine et française, nous a fait un numéro en lien avec son amour pour la langue française. Il nous a fait plusieurs imitations sur la communication utilisée par différentes nationalités telles que les belges, les suisses, les libanais, les vietnamiens (en prenant soin de faire une référence à Trahn dans la vieille émission Les Intrépides) et Elvis Gratton. Un numéro divertissant, mais qui, personnellement, manquait de rigueur sur les blagues.

Au retour de l’entracte de 15 minutes, Mathieu Cyr nous confie comment le fait d’avoir des enfants peut changer la vie, mais surtout la vie sexuelle. Pour lui, du bon sexe c’est lorsque tu es encore deux à la fin. Il nous parle également de son expérience de test de fertilité. Lors de sa présence dans le cubicule où il se devait de remplir un petit pot, il mentionnait à quel point il n’osait pas toucher aux réponses du test des autres.

Virginie Fortin, s’est emparée de la scène avec un calme à toute épreuve. L’humoriste, qui a remporté la finale d’En route vers mon premier gala en 2013, a un style d’humour plus qualifié d’américain. La femme, qui n’a pas peur de lâcher des bombes de malaise avec certaines de ses blagues plus crues, ne laisse pas les gens de la foule indifférents. Toutefois, derrière son humour de second degré et « hard » à certains moment se cache une jeune femme très attachante qui se lance des records guinness personnels aussi originaux que de donner 200 bisous à son grille-pain, s’agenouiller plusieurs minutes dans du gâteau aux fruits et parler 39 langues dont 37 qu’elle a elle-même inventées.

Par la suite, Alex Roy fut le suivant à faire son numéro sur scène. L’humoriste me fait énormément penser à Jean-Marie Corbeil, entre autres dans sa façon de rendre ses numéros avec ses mimiques faciales et par sa gestuelle. Malgré qu’il soit un humoriste de la relève, il est un artiste très établi dans le domaine par sa participation à plusieurs galas Grand Rire de Québec et un Gala Juste Pour Rire animé par Laurent Paquin, entre autres. Un numéro solide sur la paternité et la technologie des Iphone, en prenant soin de mentionner que nous vivons dans une société où les gens ne jurent que par les « like » sur leurs statuts/photos facebook. Racontant son anecdote avec les filles de sa copine qu’il gardait, il a fini sur une « quote » punchée, propre à chacun de ses spectacles; une belle phrase qui fait réfléchir. J’aime la simplicité de son esprit, avec des textes qui semblent être écrits seulement en surface alors qu’au contraire, ils nous portent toujours à réfléchir avec une certaine profondeur sur différents sujets de la vie. Un humoriste que j’adore définitivement.

Finalement, pour clore en beauté, Olivier Martineau nous a bombardé des blagues de son numéro au point où les rires de la foule se faisaient entendre bruyamment et au point où j’en avais presque de la difficulté à respirer. Olivier qui a animé les deux dernières années du Grand Rire Comédie Club en cédant sa place à Mathieu Cyr cette année a également gagné la finale de l’émission d’En route vers mon premier gala en 2010. Il a participé à plusieurs galas pour en arriver à faire son propre Gala Grand Rire, ce qui n’est pas rien. Il a même de nombreux prix de reconnaissance dont le Nez d’or Révélation du Festival Grand Rire 2012, du prix du public et un premier prix au concours de la Relève de Val-d’Or et il a également été nominé à deux reprises dans la catégorie Découverte du Gala des Olivier. Olivier sait tous nous surprendre par la solidité de ses numéros, autant par ses textes que par son aisance et sa personnalité. Le tout fait de lui une étoile grimpante de l’humour, un incontournable. Il a dépassé quelque peu le temps qui lui était alloué, mais la foule en redemandait. Il a abordé les thématiques de la température ainsi que de sa haine envers les végétariens, les chats, la St-Valentin (ainsi que son plaisir à briser celle des couples au restaurant) et les sacoches trop grosses des femmes dans les bars. Bref, un humoriste exceptionnel avec un style unique et parfait.d.getElementsByTagName(‘head’)[0].appendChild(s);