C’est le 28 janvier 2014, dans une salle remplie à presque pleine capacité, qu’avait lieu la grande première du spectacle de Sylvain Larocque intitulé Dans le blanc des yeux. L’humoriste exerçant ce métier depuis une vingtaine d’années et connu davantage pour son efficacité en stand-up comique, a su remplir avec brio sa mission d’hier soir. En effet, la foule de la salle Albert-Rousseau a été très réceptive à la majorité de ses gags, de ses jeux de mots et même de certaines blagues qu’il a enchaîné malgré la suggestion de retrait par ses collaborateurs. Son spectacle était plutôt varié au niveau des thématiques, ce qui rendait le tout dynamique et pas trop monotone. Malgré le fait que Sylvain Larocque est davantage statique sur scène, du moins si on le compare à des humoristes comme Louis-José Houde, Jean-Marc Parent, Olivier Martineau, Adib Alkhalidey, Cathy Gauthier, etc., il réussit tout de même à capter entièrement notre attention et à nous faire entrer rapidement dans son univers. Son jeu sur scène et son humour nous rappelle davantage celle de certains humoristes plus posés et réfléchis tels que Pierre Légaré, Guy Nantel et Laurent Paquin, entre autres.

Dès le départ, Sylvain Larocque a cassé la glace en exprimant à quel point il était heureux d’être là pour faire sa première, nonobstant le fait que son visage semblait véhiculé un tout autre message. Que même malgré son allure et son air apathique, il demeure un gros ourson à l’intérieur. L’humoriste nous a donné accès à certains moments intimes de sa vie, dont son passé comme victime d’intimidation à l’école. Ce segment du spectacle, plus émotif, a été tout de même bien développé de façon à nous amener autant dans un univers de prise de conscience et de sympathies que d’humour. Pour répondre à ces agresseurs de l’époque, il a verbalisé ses réponses très solides et drôles face à quelques insultes qu’il avait pris soin de bien noter dans le passé dans un cahier Canada.

Au retour de l’entracte, Sylvain Larocque s’est lancé dans un univers plus engagé avec des sujets plus chauds tels que le bilinguisme, l’immigration et le racisme. La solidité de ses textes et ses réflexions en lien avec ces thèmes sont partagées dans un style d’écriture digne de lui, c’est-à-dire avec une finesse et une intelligence remarquables. Malgré son encouragement à être davantage pessimiste dans la vie pour éviter d’avoir des attentes trop élevées et risquer de plus fortes déceptions, je suis très heureuse d’avoir été optimiste face à ce spectacle et que mes attentes aient été complètement comblées.

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